L’intention de remplacer des dents manquantes est attestée depuis la préhistoire.
Toutefois l’ancrage au niveau des structures osseuses des maxillaires faisait problème jusqu’à ces dernières décennies, et les tentatives d’utilisation d’implants dentaires aboutissaient le plus souvent à des échecs.
C’est à partir des années 1960 que des recherches conduites autour des professeurs Bränemark à Göteborg et Schroeder à Berne ont permis d’observer, avec la « révolution » du recours au titane – particulièrement biocompatible –, le phénomène dit d’ostéo-intégration, assurant l’incorporation solide et durable de l’implant aux tissus du patient.
Grâce à cette technique nouvelle, des taux de succès dépassant 80 % ont été observés sur des périodes de suivi de plus de 15 ans.
Malgré les avantages et la fiabilité de ces résultats, l’utilisation des implants dentaires est encore relativement limitée dans de nombreux pays, en raison des éléments suivants:
- L’image de l’implantologie était restée assez défavorable, tant chez les praticiens que chez les patients, après les complications vécues dans les années 1950/60.
- Ce n’est que très progressivement que l’implantologie a été à nouveau enseignée, tant pour la formation de base des étudiants en médecine dentaire que pour la formation complémentaire des praticiens.
- Les critères initialement définis pour garantir l’ostéo-intégration rendaient les techniques assez complexes.
- Les éléments chirurgicaux et prothétiques nécessaires à l’implantologie sont réalisés avec une grande précision et sont donc d’un coût de développement et de fabrication relativement élevé. Comme les implants dentaires étaient initialement réservés aux patients totalement édentés, cela contribuait à donner de ce traitement une image d’intervention complexe et chère.
Or, ces derniers temps, cette image s’est considérablement modifiée, parallèlement à l’essor de la formation universitaire en implantologie.
La formation d’un nombre toujours plus important de praticiens, la simplification graduelle des procédures techniques, le recours de plus en plus fréquent aux implants chez des patients partiellement édentés font de l’implantologie non plus une technique spéciale, à part, mais l’un des moyens parmi d’autres – ou avec d’autres, les implants étant souvent utilisés en complément d’autres techniques prothétiques.
Il convient de souligner que ces différentes techniques ont, outre l’objectif de la réhabilitation fonctionnelle, une composante sociale. En effet, si l’on peut déplorer qu’une bouche sans dents soit comme un moulin sans meule, ne dit-on pas également qu’il est bon d’avoir de la dent, d’être bel homme, belle femme ?
L’insertion d’implants permet de mieux répondre à la demande des patients, elle évite par exemple le port d’une prothèse amovible, améliore sa tenue, ou simplifie les traitements de prothèse fixe par la réalisation de structures prothétiques de moins grande portée.
Issue de techniques expérimentales, l’implantologie est devenue maintenant l’une des possibilités de traitement que le médecin-dentiste peut proposer à son patient.
La réalisation d’un bilan préopératoire soigneux, une technique chirurgicale et prothétique rigoureuse, des contrôles prolongés – en particulier de la qualité de l’hygiène buccale – permettent des taux de succès à long terme largement comparables à ceux des techniques prothétiques conventionnelles.
Ainsi, poser un implant n’équivaut plus aujourd’hui à prendre la lune avec les dents...






