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Décembre 1998 - N° 39

Implants dentaires

Editorial Avènement de l'implantologie scientifique Implants dentaires: pour qui, quand, comment ? Témoignage

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Implants dentaires: pour qui, quand, comment ?

Une technique moderne en pleine évolution

La perte d’une ou plusieurs dents pose des problèmes d’ordre esthétique et fonctionnel. Depuis qu’il existe, le médecin-dentiste a tenté de remédier à cet état de fait au moyen de prothèses fixes (ponts) ou amovibles (prothèse partielle ou totale).

Depuis une vingtaine d’années environ, l’implantologie dentaire permet de remplacer de manière élégante les dents perdues ou de stabiliser une prothèse totale dont la tenue laisse à désirer.

Indications

La dent unitaire, perdue accidentellement par exemple, est avantageusement remplacée par un implant. Il en va de même pour les agénésies dentaires (absence de développement de la dent). La dent manquante, pilier stratégique pour la construction d’un pont, ou plusieurs dents perdues sont aussi remplacées par des implants. Chez l’édenté total, porteur d’une prothèse, quelques implants permettent la stabilisation de l’appareil, procurant ainsi un meilleur confort de mastication.

Examen préimplantologique

Le médecin-dentiste, sur la base d’un bilan de l’état de santé général, évalue la quantité et la qualité de l’os disponible dans la région d’intervention. Des clichés radiographiques, éventuellement un scanner dentaire, complètent cet examen et permettent la planification de la pose des implants. Des moulages en plâtre des mâchoires peuvent servir à réaliser un guide de forage, afin de contrôler au préalable le bon emplacement des implants.

Technique chirurgicale

L’implant – généralement une vis en titane – représente la nouvelle racine de la dent. Il s’agit de fixer cette racine artificielle dans l’os. En anesthésie locale, comme pour une extraction dentaire, le médecin-dentiste ouvre la gencive afin de découvrir l’os dans lequel il va forer délicatement un puits. Ensuite il y taraude un pas de vis dans lequel s’introduira l’implant qui émerge légèrement de la muqueuse buccale, voire y est enfoui. Quelques points de suture suffisent à refermer la plaie. La phase d’ostéo-intégration dure entre 3 et 6 mois. Durant celle-ci l’implant se soude à l’os grâce aux propriétés particulières du titane dont la surface a subi un traitement spécifique favorisant l’adhésion de l’os. Des mesures d’hygiène strictes – bains de bouche, brossages – sont nécessaires durant cette période.

Une fois l’implant bien ancré dans l’os, on peut fixer la « suprastructure », une couronne, un pont ou les éléments rétentifs servant à stabiliser une prothèse (bouton pression), comme on l’aurait fait sur une dent naturelle. Il faut relever que cette intervention et ses suites ne sont pas douloureuses, contrairement à l’idée que l’on en peut avoir a priori. « Si j’avais su, je me faisais tellement de souci et je n’ai rien senti », nous déclarent souvent les patients.

Dans les cas où les tissus osseux sont insuffisants par suite d’atrophie, la régénération osseuse guidée permet de créer de l’os là où il fait défaut. De même, certaines techniques permettent de remodeler et de créer de la gencive pour améliorer l’esthétique. Il faut toutefois reconnaître que ces procédés de régénération requièrent du temps et de la patience, sans que les résultats puissent être garantis au départ.

Limites et contre-indications

Des situations anatomiques particulières (sinus, nerfs) peuvent empêcher la pose d’implants. De même, le patient qui a perdu ses dents depuis longtemps présente souvent une atrophie des mâchoires qui proscrit une implantation. C’est la raison pour laquelle la perte de dents devrait être soignée dans les meilleurs délais. Pour les jeunes patients victimes d’agénésies ou d’accidents, il y a lieu d’attendre la fin de la croissance. Par contre il n’y a pas de limite d’âge supérieure à cette technique, sous réserve d’un état de santé général satisfaisant. Un certain nombre de maladies générales constituent des contre-indications aux implantations dentaires. La pratique d’une hygiène bucco-dentaire très stricte est exigée. En effet, une hygiène insuffisante est une cause fréquente d’échec, ainsi d’ailleurs que le tabagisme.

Complications et risques

Le matériau utilisé est du titane pur, dont les propriétés physiques et biologiques sont très bien connues, auquel on recourt depuis de nombreuses années en chirurgie orthopédique (prothèse de la hanche). Il est très bien toléré par l’organisme et aucune réaction de rejet ou d’allergie n’a été rapportée jusqu’ici. Le taux de réussite est de 95 %.

Il faut distinguer l’échec immédiat : l’implant ne se soude pas à l’os et devient mobile durant la phase d’ostéo-intégration, ce qui nécessite sa dépose. On se trouve alors en présence d’un défaut osseux semblable à celui d’une extraction et qui va guérir spontanément. Une deuxième tentative peut avoir lieu quelques mois plus tard.

L’échec tardif – plusieurs années après la pose – peut être dû à des facteurs mécaniques, à un déchaussement de l’implant (comme pour une dent naturelle), à un manque d’hygiène ou à un état général déficient. L’on ne saurait trop insister sur l’importance d’une hygiène bucco-dentaire rigoureuse et sur des contrôles réguliers – tous les 6 mois – chez son médecin-dentiste.

En conclusion, l’implantologie dentaire représente aujourd’hui une technique à disposition du médecin-dentiste, permettant de restaurer le sourire et une certaine fonction masticatrice, ceci dans le but d’augmenter la qualité de vie de ses patients.

Auteur:  Dr. Daniel Chappuis
médecin-dentiste, Lausanne
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