Le tableau 57 maladie professionnelle du régime général concerne certaines affections périarticulaires liées à des gestes ou postures de travail. Pour bénéficier de la présomption d’origine professionnelle, il faut notamment que le diagnostic, le délai de prise en charge et les travaux exposants correspondent aux conditions prévues par le tableau applicable.
Le tableau 57 maladie professionnelle est l’un des textes les plus consultés lorsqu’une douleur de l’épaule, du coude, du poignet, du genou ou de la cheville survient dans un contexte professionnel. Il ne suffit toutefois pas d’avoir mal après des gestes répétés pour obtenir une reconnaissance. Le tableau associe une pathologie précisément désignée, un délai de prise en charge et une liste limitative de travaux susceptibles de provoquer l’affection.
Ce cadre relève du régime français de la Sécurité sociale. Il permet d’examiner les troubles musculosquelettiques, souvent appelés TMS, avec une logique administrative claire. L’enjeu est de documenter à la fois la réalité médicale et l’exposition professionnelle, sans confondre une consultation médicale, la prévention au travail et la décision de la caisse.
Table of Contents
À quoi sert le tableau 57 des maladies professionnelles ?
Le tableau 57 porte sur les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Les tissus concernés peuvent être les tendons, les gaines synoviales, les bourses séreuses ou certains nerfs périphériques. Ces atteintes sont fréquemment douloureuses et peuvent gêner les mouvements, mais leur diagnostic relève du médecin.
Lorsqu’une maladie figure dans le tableau et que les autres conditions sont réunies, son origine professionnelle est présumée. La CPAM instruit alors le dossier. Cette présomption ne signifie ni que toute douleur est automatiquement reconnue, ni qu’un salarié doit prouver seul une causalité médicale complexe. Elle crée un cadre de vérification fondé sur les trois colonnes du tableau.
| Élément examiné | Ce qu’il faut vérifier | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Désignation médicale | Le diagnostic doit correspondre à une affection prévue. | Une appellation proche ne produit pas toujours les mêmes effets. |
| Délai de prise en charge | Il court entre la fin de l’exposition et la première constatation médicale. | Le délai varie selon la pathologie. |
| Travaux exposants | Les gestes, postures, durées ou appuis doivent correspondre à la liste du tableau. | La description réelle du poste est centrale. |
Créé en 1972 et modifié à plusieurs reprises, ce tableau évolue. Il est donc prudent de consulter sa version en vigueur au moment utile pour le dossier. Le régime agricole dispose d’un tableau équivalent, avec ses propres références.
Quelles pathologies couvre le tableau 57 maladie professionnelle ?
Le périmètre s’organise par zone anatomique. Les rubriques concernent l’épaule, le coude, le poignet et la main, le genou, puis la cheville et le pied. Les intitulés médicaux comptent autant que le lieu de la douleur : une douleur au bras ne suffit pas à identifier une affection du tableau.
Épaule : coiffe des rotateurs et mouvements en abduction
La rubrique de l’épaule vise notamment les tendinopathies aiguës ou chroniques non rompues et non calcifiantes, avec ou sans enthésopathie de la coiffe des rotateurs. Une rupture partielle ou transfixiante de cette coiffe peut aussi relever du tableau dans les conditions prévues. L’abduction désigne ici l’éloignement du bras par rapport au corps, notamment lorsque l’épaule travaille sans soutien.
Les critères peuvent comporter des seuils d’angle et de durée quotidienne cumulée. Selon l’affection, le tableau prévoit notamment des situations à partir de 60 degrés ou de 90 degrés d’abduction. La tendinopathie aiguë de l’épaule est associée à un délai de 30 jours, tandis que la forme chronique prévoit un délai de 6 mois et une durée d’exposition minimale de 6 mois.
Coude : tendinopathies, hygroma et nerfs
Au coude, les atteintes visées comprennent les tendinopathies d’insertion des muscles épicondyliens et des muscles épitrochléens. Elles peuvent être associées à des mouvements répétés de préhension, d’extension, de flexion, de pronation ou de pronosupination, selon la désignation concernée. Le tableau peut aussi viser certains hygromas et certaines compressions nerveuses lorsque les travaux décrits correspondent aux conditions réglementaires.
Un hygroma désigne une inflammation d’une bourse séreuse située près d’une zone d’appui. Ce terme ne doit pas être employé comme auto-diagnostic. Une douleur latérale du coude peut avoir plusieurs causes, d’où l’intérêt d’un examen clinique et d’un certificat médical qui décrit précisément l’affection retenue.
Poignet, main et doigts : canal carpien et gestes de préhension
Cette partie du tableau concerne notamment certaines tendinopathies, ténosynovites, le syndrome du canal carpien et le syndrome du tunnel radial. Les tâches étudiées peuvent inclure des mouvements répétés ou prolongés du poignet, la préhension de la main, un appui carpien ou une pression répétée sur le talon de la main. Le délai de prise en charge du syndrome du canal carpien est de 30 jours dans le tableau.
Un examen complémentaire peut être utile au diagnostic. Par exemple, l’électromyogramme peut documenter une compression nerveuse, mais la pertinence d’un examen dépend de la situation clinique. Le rôle de l’équipe soignante est de soigner et d’établir les éléments médicaux utiles, non de préjuger de la décision administrative.
Genou, cheville et pied : appuis, flexions et station sur la pointe
Le tableau comporte également des affections du genou, parmi lesquelles certains hygromas et tendinopathies liées à des positions agenouillées, accroupies, à un appui prolongé ou à des mouvements répétés. Pour la cheville et le pied, une tendinopathie achilléenne peut être examinée lorsqu’elle est associée aux efforts prévus, notamment en station prolongée sur la pointe des pieds.
Ces rubriques rappellent que les TMS ne concernent pas seulement le travail de bureau ou les gestes de la main. Les métiers du soin, du bâtiment, de la manutention, de l’industrie, de la restauration ou de l’entretien peuvent présenter des expositions différentes. L’analyse doit porter sur les tâches réellement réalisées, y compris les variations du poste et les périodes de forte activité.
Délais et conditions d’exposition : comment lire les trois colonnes
Le délai de prise en charge n’est pas un délai pour envoyer la déclaration. Il correspond à la période maximale admise entre la cessation de l’exposition au risque et la première constatation médicale de l’affection. Il varie selon les pathologies. Le tableau 57 contient notamment des délais de 14 jours, 30 jours, 6 mois ou 1 an.
La durée d’exposition est une notion différente. Pour certaines atteintes, le texte prévoit une durée minimale d’exposition professionnelle. D’autres lignes imposent des seuils horaires précis. Pour l’épaule, les mouvements ou le maintien sans soutien peuvent être évalués selon l’angle d’abduction et le temps quotidien cumulé. Pour certaines tâches, les repères du tableau peuvent être de 3 h 30, 2 heures ou 1 heure par jour.
- Décrire les gestes avec des verbes concrets : lever, porter, visser, saisir, pousser, maintenir.
- Préciser la fréquence, la durée et la position du membre concerné.
- Conserver les éléments utiles sur le poste : planning, fiches de poste, témoignages ou échanges professionnels.
- Distinguer les missions habituelles des tâches exceptionnelles.
Une même profession ne permet pas à elle seule de trancher. Deux salariés portant le même intitulé de poste peuvent avoir des expositions très différentes. C’est pourquoi les questionnaires de la caisse et les informations transmises par l’employeur sont souvent déterminants.
Déclarer une maladie professionnelle tableau 57 auprès de la CPAM
La démarche commence habituellement par une consultation médicale. Si le médecin constate une affection susceptible d’être liée au travail, il peut établir un certificat médical initial. Le salarié adresse ensuite sa déclaration de maladie professionnelle à la CPAM, avec le certificat et les pièces demandées. Il convient de respecter les délais de déclaration applicables et de garder une copie complète du dossier.
La caisse peut demander des renseignements au salarié et à l’employeur afin de comprendre les conditions de travail. Le médecin du travail peut contribuer à l’évaluation de l’exposition et à la prévention, sans se substituer à la CPAM pour la reconnaissance administrative. Lorsque les douleurs imposent un aménagement, l’article consacré aux Avantages et inconvénients du mi-temps thérapeutique aide à situer cette option dans un parcours de reprise.
Dans certains métiers, la prévention passe par l’observation fine des contraintes physiques : hauteur de travail, outils, cadence, efforts, temps de récupération et possibilités d’alternance. L’objectif est d’éviter l’aggravation d’un trouble et de réduire les expositions collectives. Les atteintes cutanées professionnelles obéissent à un autre raisonnement : la gale du ciment illustre l’importance de distinguer les risques selon leur mécanisme.
Si une condition du tableau 57 n’est pas remplie
L’absence d’une condition du tableau ne signifie pas nécessairement la fin de toute démarche. Lorsque la maladie est désignée mais qu’une condition liée au délai, à la durée d’exposition ou à la liste des travaux fait défaut, le dossier peut être examiné dans le cadre d’une procédure complémentaire. La CPAM transmet alors, selon la situation, au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, ou CRRMP.
Le CRRMP apprécie l’existence d’un lien entre la maladie et le travail, à partir des pièces médicales, de l’exposition et des informations sur le parcours professionnel. Son intervention ne garantit pas une décision favorable, mais elle permet un examen individualisé lorsqu’une reconnaissance automatique au titre du tableau n’est pas possible.
En cas de refus, il est utile de lire précisément la motivation : diagnostic non conforme, délai dépassé, exposition insuffisamment établie ou autre condition non remplie. Le demandeur peut demander des explications à sa caisse, compléter les éléments factuels si cela est possible et se renseigner sur les voies de recours. Un accompagnement social, syndical ou juridique peut aider à comprendre une décision sans remplacer l’avis de la caisse ou d’un professionnel compétent.
Prévenir les TMS avant qu’une déclaration devienne nécessaire
La reconnaissance d’une maladie professionnelle ne remplace pas la prévention. L’employeur doit évaluer les risques et chercher à réduire les contraintes de travail. Cela peut passer par une adaptation des postes, un équipement mieux réglé, une répartition différente des tâches, des aides à la manutention ou une organisation qui limite les postures maintenues.
Le suivi de santé au travail permet aussi de signaler tôt une douleur ou une gêne fonctionnelle. Il est préférable de ne pas banaliser une douleur persistante, un engourdissement nocturne ou une difficulté à effectuer certains gestes. Une douleur sous la mâchoire relève d’un autre champ clinique : la page sur le ganglion sous l oreille a cote de la machoire rappelle qu’un symptôme doit toujours être interprété selon sa localisation et son contexte.
La santé au travail concerne aussi l’information et le dialogue sur les conditions d’exercice. Certaines expressions médicales désignent des réalités très différentes. Ainsi, un col postérieur ne relève pas des TMS professionnels, pas plus qu’un sujet digestif tel que helicobacter pylori traitement naturel. Ces distinctions évitent les rapprochements abusifs entre symptômes, diagnostics et procédures.
Le tableau 57 couvre-t-il toutes les douleurs liées au travail ?
Non. Il vise une liste précise d’affections périarticulaires et de travaux exposants. Une douleur peut nécessiter des soins ou une adaptation du poste sans répondre à toutes les conditions du tableau 57.
Quel délai s’applique pour une tendinopathie de l’épaule ?
Le délai dépend de la désignation exacte. La tendinopathie aiguë de la coiffe des rotateurs est associée à un délai de 30 jours, tandis que la forme chronique relève d’un délai de 6 mois avec une durée d’exposition minimale prévue par le tableau.
Qui décide de la reconnaissance d’une maladie professionnelle tableau 57 ?
La CPAM instruit le dossier et rend sa décision à partir des conditions réglementaires, des éléments médicaux et des informations sur les travaux réalisés. Dans certaines situations, le CRRMP intervient pour examiner le lien entre la maladie et le travail.
Un refus de la CPAM empêche-t-il tout recours ?
Non. La décision doit être lue avec attention afin d’identifier le motif retenu. Des voies de recours existent et un examen par le CRRMP peut être envisagé dans les cas prévus par la réglementation.



